LES GRAINES DANS L’ALIMENTATION :EFFICACES ET IRREMPLACABLES.
Mes sources :
Traduction de la revue « Italia Ornitlologica » 11/2000
Préliminaire.
Le fait que les graines peuvent être contaminées par des agents pathogènes et par-dessus tout par des micelles, des pourritures qui auraient pu se former entre le moment de la production et la période de consommation par nos oiseaux est un fait reconnu.
Les graines, quand elles se trouvent dans un climat ou dans une situation propice, se laissent aisément contaminer par les agents pathogènes qui peuvent être les causes principales des différentes maladies intestinales.
Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.
Il y a Graine et Graine. De nos jours, il existe dans ce secteur des firmes spécialisées très sérieuses dotées de laboratoires d’analyses et de moyens techniques élaborés, et qui sont à même de produire des mélanges indemnes ou presque d’agents infectieux dangereux pour la santé de nos volatiles.
Ils savent choisir et contrôler les graines diverses et ainsi réduire les risques d’infections au minimum.
Le même discours vaut également pour les pâtées d’élevages, tant celles proposées par le commerce que celles préparées à la maison. Quand elles sont mal conservées ou que les matières premières employées sont de provenances douteuses, elles peuvent apporter les mêmes risques que les graines. Pour ces aliments si nous voulons être extrêmement méfiants nous aurons quasi la certitude que tous les ingrédients employés (semoule, farine de maïs, farine de soja ) sont indemnes à 100% d’agents pathogènes.
Personnellement, les grainetiers qui me procurent mes différentes graines et matières premières fournissent également des élevages zootechniques et ceux-ci ne sont pas infectés d’épidémies telles que coccidiose, salmonellose, ... Ces différents élevages fournissent de la viande pour la consommation humaine et je peux donc penser qu’ils ne fournissent rien qui pourraient être dangereux pour la santé humaine et celle de mes oiseaux. De plus, des contrôles sanitaires fréquents sont faits chez les producteurs et les revendeurs, contrôles exécutés par des autorités compétentes donc...
Les extrudés.
Afin d’éviter les risques tant redoutés, que pourraient provoquer les graines dans l’alimentation de nos oiseaux quelques firmes ont mis dans le commerce un produit particulier qui « devrait » remplacer toutes les graines tant le millet que le niger, le tournesol,... on parle ainsi des extrudés.
J’ai personnellement interpellé divers éleveurs qui ont expérimenté, ou sont en train de le faire, et si on peut se référer à leurs expériences, les résultats obtenus ne sont pas flatteurs.
En effet, dans ces élevages où l’on a expérimenté la substitution totale des graines et des pâtées par des extrudés, les canaris ont manifesté des difficultés à entrer en phase d’amour avec comme conséquence des oeufs clairs en nombre élevé et des mortalités élevées dans les nichées non suffisamment alimentées par les parents. Pour les survivants le même inconvénient que le cas développé plus loin dans l’article s’est également manifesté .
D’autres éleveurs n’ont substitué que les graines par les extrudés, en maintenant invariablement les pâtées d’élevages traditionnelles. Chez ces éleveurs les jeunes n’ont pas mué au moment opportun et la pigmentation des canaris de couleur à facteur jaune ont présenté une couleur tendant vers l’ivoire, mais un très mauvais ivoire; manque de carotène dans les aliments. Ce problème n’arrive pas en utilisant des graines. Une grande partie de celles-ci contiennent en effet, même si c’est dans un pourcentage infime, du carotène qui confère au plumage de nos canaris la coloration, tenant compte des capacités particulières d’assimilation et d’extériorisation contenues dans leur patrimoine génétique.
Il est connu, dans le cas des canaris à facteur rouge, que s’ils ne sont pas traités avec des carotènes synthétiques, à la fin de la mue ils présentent une coloration orangée faible et ne sont pas aptes à participer à des concours. A remédier par ceux qui s’en tiennent aux graines et verdure.
Pour ceux qui ont employé en partie des extrudés en ajout des graines et pâtées je ne peux pas prendre en considération leurs informations.
Notre perplexité dans l’emploi d’extrudés en remplacement des graines.
Avec le mélange de graines, chaque éleveur peut ajouter ou éliminer, selon ses critères, une ou plusieurs graines d’après la race élevée, la variété, (canaris de couleur, de chant,...) le climat, la période de l’année. En fait, en partant d’une graine de base qui normalement est le millet et en utilisant le niger, le lin, le chanvre, la navette, etc. En pourcentage varié nous pouvons réaliser des mélanges de graines avec des contenus nutritifs différents. Je cite à titre d’exemple les éleveurs de canaris de chant malinois qui utilise peu de niger et beaucoup de navette, allant jusqu’à 40 % dans le mélange en période de dressage et concours de chant et celui des éleveurs d’indigènes (chardonnerets en particulier) qui utilisent un bon pourcentage de graines de niger, chardon, salade, périlla, ...
Ces adaptations seront-elles possibles avec les extrudés. J’ai placé au bas du présent article les valeurs nutritives des principales graines les plus communément utilisées. Mais encore, en admettant d’utiliser dans nos élevages les extrudés à la place des graines, avons-nous la certitude que cet emploi sera ou est adopté par tous les éleveurs avec lesquels nous pratiquons des échanges? Les canaris, en général, alimentés avec un type d’alimentation ne s’habituent pas aisément à un nouveau. Et avant de s’habituer à un nouveau régime alimentaire ils subiront un stress qui peut se révéler désastreux.
Enfin, pour terminer bien que toutes les matières premières adoptées pour la préparation de cet aliment soient appropriées à la nutrition de nos canaris; nous devons faire attention : toute la procédure de transformation des graines en farine et de celles-ci en granulés à une température de 150 à 250°C réduit inévitablement la valeur nutritive des principes actifs. Et malgré le fait que l’on remédie à cela par une intégration opportune, il faut tenir compte que ces principes actifs ajoutés ne peuvent substituer en totalité les naturels.
Chaque graine, comme chacun le sait, contient son propre germe, source de vie, concentré de substances nutritives dont bénéficient nos canaris : vitamine, protéine, sels minéraux et selon certains des facteurs inconnus de croissance.
Et faisons attention: Ces éléments nutritifs restent tels pour autant qu’ils soient vivants et restent vivants tant qu’ils sont capables de germer.
Tout éleveur sait qu’en fait l’élément fondamental de la valeur nutritive d’un mélange de graines est donné par le pourcentage de germination de son contenu.
Dans les extrudés les germes individuels de chaque graine faisant partie des matières premières adoptées, que sont-ils devenus?
Et en outre : une graine n’a un bon pourcentage que si elle est de l’année et perd cette caractéristique dès qu’elle vieillit.
A l’heure actuelle, avec les mélanges de graines nous sommes en mesure de vérifier le pouvoir germinatif et en vérifier ainsi la valeur nutritive. Avec les extrudés comment devrons-nous nous comporter. Nous ne pourrons nous fier qu’à la date de production. Mais si nous voulons le vérifier de notre propre chef (comme pour les graines) cela ne sera pas possible.
Et ce n’est pas tout. Les extrudés sont en général hautement hygroscopique, nos graines pas. Vu sous cet aspect, ils peuvent être plus réceptifs aux pourritures, micro-toxines et bactéries en général.
L’humidité crée l’ambiance idéale pour la prolifération des pourritures desquelles dérivent les micro-toxines, hantise (à bonne raison) de tous les éleveurs. Mais également les salmonelles, coccidies, et autres bactéries qui trouvent là le terrain propice pour proliférer et créer les problèmes qu’erronément nous attribuons seulement aux graines. Il est donc important pour cela de conserver les extrudés dans des locaux frais et secs.
A cet instant, la réflexion suivante vous vient spontanément: Il ne semble pas correct de médire d’un type d’alimentation pour en exalter un autre comme il est fait actuellement à propos des graines et des extrudés.
Multiplicité des hypothèses d’infections probables (spécialement intestinales) dans nos élevages.
Les canaris, au cours de leur existence peuvent contracter quelques maladies, surtout intestinales, tant par les pâtées d’élevages, (si elles sont humides) par la verdure non parfaitement lavée, propreté inadéquate des abreuvoirs, mangeoires, fond de cage et volière ou par une humidité trop abondante dans le local d’élevage, etc. Nombreuses sont les composantes qui peuvent créer un danger pour la santé de nos oiseaux. Il faut bien tenir compte qu’il est quasi impossible, dans nos élevages amateurs, d’être à 100 % indemne mais l’important est de ne pas dépasser une certaine limite de tolérance.
Les interventions de préventions adoptées par l’éleveur avisé dans la conduction de son élevage sont une bonne arme pour prévenir certaines pathologies.
Le système immunitaire chez nos oiseaux.
L’organisme de chaque être vivant, canari compris, sait se défendre dans la majorité des cas contre les invasions d’agents pathogènes au moyen de sa défense immunitaire. Elle va toujours évoluer au travers de la lutte continue contre les micro-organismes qui sont très divers et toujours en perpétuelle mutation. Telle lutte est journalière et on ne doit pas oublier que dès que ce système de défense est mis en action le canari se fortifie et il devient plus apte à intervenir dans sa propre défense de son organisme. Et il est juste que cela soit comme cela.
Un sujet capable de résister avec ses propres ressources physiques et les éventuelles actions infectieuses qui minent sa propre existence est un oiseau qui, certainement, nous donnera de plus grandes satisfactions en élevage et qui vivra plus longtemps.
Dès le stade de l’embryon, une semaine après sa conception, les précurseurs des cellules commencent à apparaître du système immunitaire qui continueront à se développer sans interruption durant toute la durée de sa vie. Ces cellules ne sont pas regroupées pour la formation d’un organe.
Elles sont indépendantes des autres cellules, et se meuvent librement dans l’organisme. Ce sont les cellules « lymphocytes ». Celles-ci, comme je l’ai dit, une fois formées, circulent dans tous le corps du canari où elles peuvent rencontrer des molécules d’envahisseurs microbiens et produire les anticorps: un anticorps spécifique pour chaque type d’envahisseur. En conséquence, les anticorps qui attaquent, par exemple, la salmonellose n’ont aucun effet contre la coccidiose et ainsi de suite.
En tenant compte que le premier obstacle aux pathogènes intestinaux est assurément la flore intestinale, l’emploi de substances spéciales appelées « probiotiques » (levure de bière active et ferments lactiques) desquelles nous avons parlé par le passé, constitue une arme en plus pour riposter en sus du système immunitaire aux envahisseurs infectieux.
Conclusion.
Sur la base des éléments actuellement en notre possession, fruit d’une expérience d’élevage de quelques décennies, et en étant particulièrement intéressé par l’alimentation de nos oiseaux, je suis plus que convaincu que les graines dans leur emploi actuel sont irremplaçables.
Les graines de millet, intégrées à volonté avec le niger, le chanvre, le lin, l’avoine et le périlla ou seulement quelques-unes d’entre elles, restent actuellement l’aliment de base du régime de nos oiseaux.
En prenant les précautions mentionnées ci-dessus, nous devons chercher à ne pas priver nos oiseaux de ce qui depuis des siècles a toujours satisfait leur besoin nutritif.
Du reste avec l’emploi des pâtées d’élevage enrichies de vitamines, d’acides aminés et de sels minéraux en parallèle avec le mélange de graines nous arrivons à avoir des régimes très bien balancés qui ont permis d’obtenir des résultats satisfaisants dans nos élevages.
Tableau des valeurs nutritives des graines les plus communément utilisées.
Protéine% Hydrate de carbone% Graisse% Cendre%
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Millet 14.4 54.4 5.2 6.5
Avoine 15.6 64.3 6.1 2.2
Niger 20 17 35 4
Navette 21 20 46 5
Lin 22 24 37 4.5
Chanvre 20 26 28 5
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