Pourquoi un article sur l'eau de boisson dans notre élevage. Chacun sait que cette eau doit être changée le plus souvent possible et qu'elle doit être pure.
Pourtant je l'avoue, si je devais changer l'eau de mes oiseaux journellement, je ne pourrais plus détenir autant de couples que je ne le fais actuellement.
Je suis très pris par mon travail et j'ai donc dû trouver des solutions de rechange.
Depuis maintenant 7 à 8 ans j'ai opté pour le système de sucettes pour cobayes et lapins. J'en suis très content. Ce système n’a que des avantages, malgré les préjugés les oiseaux trouvent très rapidement le truc pour s'abreuver. En fait dans la nature, par temps de pluie, les oiseaux ont déjà l'habitude de s'abreuver de cette manière dans les arbres.
Les avantages de ce système sont que l'eau n'est plus partagée par les différents occupants de la cage ou du box. Il est aisé de comprendre qu'il y a donc moins de dispersion des germes des maladies.
Maladies qui sont pour moi de 2 grands types: Les maladies dues au stress souvent dues à la surpopulation de nos volières et / ou dérangement dû à la capture d'un sujet, transport vers une exposition,...
. Les maladies dues à l'alimentation et dans ce cas précis, je pense personnellement que la très grande majorité des causes de maladies provient du fait que nos oiseaux en allant boire aux fontaines mises à leur disposition se partagent les germes. Chaque espèce, chaque oiseau a sa résistance propre et selon son âge ou sa condition physique du moment, il est plus ou moins apte à combattre le nouveau germe. Dans la nature, il est rare que deux oiseaux non sédentaires boivent la même eau.
L'oiseau immature (pour moi l'oiseau devient vraiment adulte vers l'âge de dix mois, c'est à dire à la fin de sa croissance) n'a pas encore eu le temps de se créer une "carapace résistante" contre les différents germes de ses congénères de cage. Et en le confrontant à trop de partenaires, il peut échanger les germes inconnus par son propre métabolisme, et celui-ci n'est pas toujours apte à créer les anticorps qui lui permettront de vaincre ce germe lors des prochaines "rencontres".
J’ai écrit « non sédentaires », car il est un fait que par exemple nos moineaux domestiques et les tourterelles viennent tous boire, par temps de sécheresse, à l’abreuvoir mis à la disposition de la basse-cour. Mais ne serait ce pas là, un des paramètres déclencheurs de la raréfaction de notre piaf. Vous pourriez répondre, que de tous temps les moineaux ont fréquenté les basses-cours. Je répondrais que ce n’est pas tout à fait correct, car notre pierrot s’est en fait sédentarisé depuis seulement quelques siècles, mais il est vrai qu’au début du siècle passé, il était déjà dans nos fermes. Mais à ce moment là, les voitures ne prélevaient pas les jeunes à peine sortis du nid et les fermiers de l’époque avaient toujours à cœur d’éloigner ou de tuer les pies et les corbeaux qui étaient un danger pour leurs couvées. Ces becs droits sont pour moi une des autres raisons de la raréfaction de nombreuses espèces qui étaient proches de l’habitat humain. D’ailleurs on remarque de plus en plus de nidifications d’espèces comme le merle, le rouge-queue, la mésange sur des balcons ou dans les boîtes aux lettres, comme si les femelles recherchaient la protection de leur couvée par la présence humaine. Mais cela pourrait être une autre discussion.
Il est acquis, que de nombreux jeunes moineaux sont vecteurs de germes pathogènes, et que certaines familles ou groupes d’une région bien particulière sont résistantes à tel ou tel germe, et qu’il n’est pas gagné d’avance de capturer des oiseaux excédentaires pour les relâcher ailleurs, car ils risquent de rencontrer des germes que leurs ancêtres n’ont pas appris à combattre, et ils n’ont donc pas le bagage génétique pour combattre efficacement ces nouveaux ennemis.
Donc, pour moi, nos jeunes oiseaux indigènes d’élevage sont , durant leur première année de vie ,en sursis. Il est d’ailleurs significatif que si on place un jeune chardonneret (espèce hyper sensible) dans un groupe de canaris (espèce hyper résistante), le jeune a beaucoup de « chances » de ne pas passer son premier hiver.
Alors faut-il le gaver de médicaments, de « polluer » son eau de boisson comme de plus en plus d’éleveurs le font , à tel point que certains chardonnerets ne connaissent pas le goût de l’eau normale ? Non je ne crois pas que cela soit LA solution, et c’est pour cela que personnellement je préfère utiliser des sucettes et de l’eau pure.
Suis-je pour autant contre les médicaments ? Non , pas totalement mais je trouve qu’il est temps de mettre un frein. Cette année, j’ai utilisé de l’ESB 3 au moment du sevrage (premier moment de stress) et une deuxième fois, lorsque j’ai été confronté à l’obligation par manque de place à regrouper les jeunes de l’année dans une seule et même volière. Attention, je ne dis pas que je n’ai pas eu de pertes, mais je les accepte car je pense que les survivants sont plus aptes à affronter leur futur.
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