Préambule.
C'est loin d'être facile d'écrire sur la génétique avec des termes simples, je vous demande donc d'être magnanime et de m'aider par vos commentaires. Le texte qui suit, évoluera selon vos commentaires. Je ne veux pas faire un cours de génétique mais juste essayer de vulgariser ce que j'ai appris par mes nombreuses lectures.
Introduction à la génétique.
Dans ce premier « article » d'initiation à la génétique, je glisserai des « définitions » ou plutôt explications sur différents termes qui reviendront invariablement dans chaque discussion portant sur la génétique. Cela semblera peut-être fastidieux aux yeux des lecteurs avertis, mais finalement ce n'est pas eux que je veux toucher par ce post. D'ailleurs j'omettrai parfois de façon volontaire certaines nuances, afin de ne pas rebuter les débutants. Car je crois que la génétique paraît trop souvent indigeste aux yeux de l'amateur par le nombre de concepts différents que l'on veut développer dans le même texte.
Les mutations liées au sexe.
Pour comprendre aisément le type de mutation liée au sexe, il faut accepter que les oiseaux, comme tous les êtres vivants qui se reproduisent par copulation des deux sexes, ont une paire de chromosomes sexuels. Lors de l’accouplement chacun des parents donnera la moitié de lui-même au rejeton. Il faut admettre que dans cette paire il peut y avoir des chromosomes X et des chromosomes Y. Ces chromosomes forment deux types de paires, l’une XX et l’autre XY. Le chromosome Y est donc le facteur déterminant du sexe de la progéniture de l’espèce.
Chez l’humain, c’est l’homme qui est XY. Si tout le monde a déjà entendu dire que le sexe d’un enfant dépend de son père et non pas de sa mère, la plupart par contre ne connaît pas le pourquoi de cette vérité.
Mais, chez l’oiseau c’est la femelle qui possède la paire XY. Donc chaque fois que vous verrez XX, on parle d’un mâle et XY d’une femelle. Actuellement les plus répandues des mutations dans l'élevage d'oiseaux indigènes, sont les mutations dites récessives liées au sexe. Le terme récessif est un casse tête pour les éleveurs. C'est pourtant très simple, un caractère récessif n'est qu'un caractère dominé par un autre. Donc pour faire simple récessif est le contraire de dominant. Donc si je dis qu'un gène est récessif par rapport à l'ancestral, je veux exprimer que ce gène est dominé par le gène ancestral. Un gène est une portion d'un chromosome responsable d'un caractère.
Par les termes liés au sexe l'on veut dire que la particularité de la mutation du gène concerné par la mutation se situe sur la paire de chromosomes dit sexuels. Différentes symbolisations existent dans la littérature concernant la génétique aviaire. La plus répandue est celle qui correspond à la génétique humaine, il semblerait qu'elle ne soit pas totalement adaptée aux oiseaux. Mais pour ne pas dérouter les débutants qui consultent d'autres sources, j'ai décidé de l'utiliser également.
Les chromosomes X sont les seuls à être « marqués » par les mutations. Le chromosome Y lui reste toujours « neutre ». Tous les jeunes d'un couple auront toujours comme patrimoine génétique personnel, une moitié venant de leur père, et l'autre moitié venant de sa mère. Donc les mâles donneront toujours un de leurs chromosomes X et les femelles donneront soit un deuxième chromosome X pour donner naissance à un mâle, soit leur chromosome Y et ainsi donner naissance à une femelle.
Première conclusion : Chez les oiseaux, c'est la femelle qui détermine le sexe des jeunes.
Avant de parler des mutations, il faut se mettre d'accord sur les symbolisations qui seront utilisées pour transcrire les différents caractères des gènes de nos oiseaux. Pour simplifier, on n'écrit jamais la totalité de la formule mais rien que les caractères mutés. Pour les caractères des mutations liées au sexe, la littérature utilise toujours des lettres minuscules.
Pour une première approche
Un n symbolisera la couleur normale. (gène normal)
Un c symbolisera la couleur mutée. (gène muté)
XnXn est un mâle de couleur type ancestrale (normal) XnY est une femelle de couleur type ancestrale (normale)
Les jeunes de cet accouplement prendront la moitié du patrimoine de chacun de leur parent.
LE MALE X n X n ET SA FEMELLE X n Y
Pour mieux comprendre au début je donne des numéros aux différents chromosomes
X1 et X2 X3 et Y4
Les jeunes prennent une moitié de chacun de leurs parents.
Les diverses possibilités de résultats sont 1 ET 3 Xn Xn un mâle 2 ET 3 Xn Xn un mâle 1 ET 4 Xn Y une femelle
2 ET 4 Xn Y une femelle
En théorie, 50 % de mâles et 50 % de femelles mais tous de couleur normale. Par préférence personnelle je n’utiliserai plus les pourcentages. Donc je dirai que l’on obtiendra tout mâles et femelles de couleur normale.
Dans la nature apparaît parfois un exemplaire de couleur différente, l’homme toujours aux aguets a remarqué cela et a essayé de la reproduire. Cet oiseau est une femelle et on la symbolisera par XcY (femelle mutée)
Les règles vues précédemment nous donneront pour résultats d’accouplement avec un mâle de couleur normale ceci :
MALE X n X n FEMELLE X c Y X1 X2 X3 Y4
Les diverses possibilités de résultats sont :
1 ET 3 Xn Xc un mâle porteur
2 ET 3 Xn Xc un mâle porteur
1 ET 4 Xn Y une femelle normale
2 ET 4 Xn Y une femelle normale
Les femelles seront donc toutes des femelles de couleur normale.
Les mâles seront également de couleur normale mais un de leurs deux chromosomes possède le facteur c pour couleur. Ils sont appelés mâles porteurs.
Si ces mâles sont utilisés dans l’élevage, les résultats de leur accouplement avec une femelle de couleur normale (ancestrale) donnera les résultats suivants MALE X n X c FEMELLE X n Y X1 X2 X3 Y4
Les diverses possibilités de résultats sont :
1 ET 3 Xn Xn un mâle
2 ET 3 Xc Xn un mâle porteur
1 ET 4 Xn Y une femelle
2 ET 4 Xc Y une femelle mutante
Donc on obtiendra des femelles normales (ancestrales), des femelles mutantes, des mâles de couleur normale (ancestraux) et des mâles porteurs de la couleur (ancestraux porteur de la couleur)
Pour déterminer lesquels de ces mâles sont porteurs il faut les accoupler et espérer en avoir des jeunes femelles mutantes. Moi je les appelle des pépés (possible porteur) .
On peut également accoupler un mâle porteur couleur avec une femelle couleur, les résultats de cet accouplement seront MALE X n X c FEMELLE X c Y
X1 X2 X3 Y4
Les diverses possibilités de résultats sont :
1 ET 3 Xn Xc un mâle porteur
2 ET 3 Xc Xc un mâle mutant
1 ET 4 Xn Y une femelle normale
2 ET 4 Xc Y une femelle mutante
La quatrième possibilité d’accouplement est celle d’un mâle couleur avec une femelle couleur.
MALE X c X c FEMELLE X c Y
X1 X2 X3 Y4
Les diverses possibilités de résultats sont :
1 ET 3 Xc Xc un mâle mutant
2 ET 3 Xc Xc un mâle mutant
1 ET 4 Xc Y une femelle mutante
2 ET 4 Xc Y une femelle mutante
Le résultat de cet accouplement est tout sujets mutants. Il est évident que pour la propagation d’une mutation les éleveurs ont utilisé cet accouplement. Malgré toutes les rumeurs, je considère personnellement qu’il n’est pas moins bon qu’un autre si l’on a la certitude que le mâle et la femelle n’ont aucun lien de parenté et que les oiseaux sont de bonne souche. Il est donc évident que chaque éleveur doit tenir un carnet de la généalogie complète de son « cheptel » . Il ne faut pas croire qu'un oiseau mutant est plus faible qu'un autre. Il a exactement les mêmes organes qu'un autre oiseau. Si parfois dans un nid, les ancestraux sont plus forts que les mutants, c'est une question de nourrissage différents par les mères, mais le mutant a exactement les mêmes chances de survie que ses frères et soeurs. C'est encore une fausse idée fortement présente chez les éleveurs.
Conclusions
La couleur normale est dominante par rapport à la couleur de mutation.
Il faut pour que l’oiseau soit mutant que la totalité de ses chromosomes X soient porteurs du facteur couleur. On parle alors d'oiseaux homozygotes.
Un oiseau porteur est lui appelé: hétérozygote pour tel ou tel caractère.
Bien qu’il soit de couleur normale, un mâle porteur peut donner des jeunes mutants ; uniquement des femelles s’il est accouplé avec une femelle couleur ancestrale, des femelles et des mâles s’il est accouplé avec une femelle possédant le même gène muté que le mâle porteur
Une femelle ne donne à sa progéniture que ce qu’elle possède comme facteur couleur. On peut donc dire qu'une femelle apporte ce qu'elle montre.
Les principes énoncés précédemment sont valables pour nos indigènes mais aussi pour les canaris, les pigeons, les poules… Il n’y a qu’une et une seule génétique…Malgré tout ce que l’on entend parfois.
Il est compréhensible que dans la nature les mutants ne parviennent pas à se reproduire car ils sont des repères aisés pour leurs ennemis. Ils ne sont pour autant pas plus faibles que leurs congénères.
A suivre
Copyright AERTS Ghislain.